Nouvelle loi sur l’expulsion de logement : ce qui change vraiment pour les propriétaires et les locataires (2025–2026)

Écrit par Philippe Moreau

Nouvelle loi sur l'expulsion de logement

Je vais être direct : on entend beaucoup de choses sur la “nouvelle loi expulsion logement”. Certains parlent d’une révolution, d’autres d’un déséquilibre en faveur des propriétaires. Sur le terrain, la réalité est plus nuancée.

Oui, la loi a durci les règles.
Oui, certaines procédures sont plus rapides.
Mais non, un propriétaire ne peut toujours pas expulser quelqu’un du jour au lendemain.

Dans cet article, je prends le temps de décrypter ce qui a réellement changé, sans simplification abusive. L’objectif : que vous compreniez concrètement vos droits, vos risques… et surtout les délais réels.

Comprendre la nouvelle loi sur l’expulsion de logement

Origine et objectifs de la réforme

Cette réforme s’inscrit dans un contexte très tendu :

  • augmentation des loyers impayés
  • multiplication des situations de squat médiatisées
  • sentiment d’insécurité juridique chez les bailleurs

Le législateur a donc cherché à rééquilibrer les rapports locatifs, avec deux objectifs principaux :

  • accélérer les expulsions dans les situations abusives
  • maintenir une protection minimale pour les locataires en difficulté

Ce que dit concrètement la loi

La première chose importante à comprendre : la loi distingue clairement deux situations :

  1. Le squat (occupation illégale sans droit ni titre)
  2. Le locataire en difficulté (avec un bail mais en impayé)

Et c’est là que beaucoup se trompent :
👉 le durcissement est beaucoup plus fort contre les squatteurs que contre les locataires.

Squat : un durcissement majeur des règles

C’est probablement la partie la plus marquante de la réforme.

Création de nouveaux délits pénaux

La loi introduit plusieurs infractions spécifiques :

  • occupation frauduleuse d’un logement (par effraction ou contrainte)
  • maintien dans un logement après décision d’expulsion
  • incitation au squat

Concrètement, cela permet d’engager plus facilement des poursuites pénales, avec des sanctions alourdies.

Renforcement des sanctions existantes

Deux délits sont particulièrement renforcés :

  • violation de domicile
  • fausse déclaration de propriété (se faire passer pour le propriétaire)

👉 Le message est clair : le squat n’est plus traité comme une simple situation civile, mais comme un véritable délit pénal.

Expulsion des squatteurs : une procédure accélérée

Avant, certaines procédures pouvaient durer des mois.
Aujourd’hui, plusieurs leviers permettent d’aller plus vite :

  • suppression de certains délais
  • intervention facilitée du préfet
  • constat d’occupation possible par le maire ou un commissaire de justice

Dans les faits, cela permet parfois une expulsion en quelques jours ou semaines, là où cela prenait plusieurs mois auparavant.

Trêve hivernale : des exceptions renforcées

C’est un point clé.

La trêve hivernale continue d’exister… mais elle ne protège plus systématiquement les squatteurs.

Elle peut être levée en cas :

  • d’occupation illicite
  • de violences
  • ou de logement dangereux

Expulsion locative : une procédure plus rapide mais encadrée

Pour les locataires, la logique est différente. On reste dans un cadre judiciaire.

Les motifs d’expulsion reconnus

Un propriétaire ne peut pas expulser librement. Les motifs restent encadrés :

  • loyers impayés
  • troubles du voisinage
  • non-respect du bail

👉 Aucun changement majeur ici, mais une volonté d’accélérer les traitements.

Une procédure judiciaire raccourcie

C’est là que la loi évolue :

  • délais réduits entre commandement de payer et audience
  • meilleure coordination des acteurs (CAF, CCAPEX…)
  • tendance vers une audience unique

Résultat : moins de temps “mort” dans la procédure.

Mais attention : on parle d’optimisation, pas de suppression totale des délais.

Le rôle renforcé du juge

Le juge conserve un rôle central :

  • il peut accorder des délais de paiement
  • il peut suspendre la résiliation du bail

👉 En pratique, un locataire de bonne foi peut encore éviter l’expulsion… s’il agit rapidement.

Les délais avant expulsion

Même avec la réforme, plusieurs étapes restent obligatoires :

  1. commandement de payer
  2. assignation au tribunal
  3. décision judiciaire
  4. commandement de quitter les lieux

👉 Et surtout : des délais de grâce peuvent toujours être accordés.

Sécurisation des bailleurs : ce qui change concrètement

Généralisation de la clause résolutoire

C’est un point important mais souvent mal compris.

La clause résolutoire permet de résilier automatiquement le bail en cas d’impayé.

Avec la réforme, elle devient quasiment systématique dans les contrats.

👉 Cela facilite juridiquement la procédure pour le bailleur.

Accélération des démarches administratives

La loi modernise aussi la gestion des dossiers :

  • transmission dématérialisée des procédures
  • meilleure communication entre les services
  • signalement automatique des impayés

Résultat : moins de blocages administratifs.

Responsabilisation de l’État

Un point souvent ignoré :

Si l’État refuse d’intervenir (force publique), il peut être contraint d’indemniser le propriétaire.

👉 C’est une garantie importante… mais qui reste encore lente à obtenir dans la pratique.

Locataires en difficulté : quels droits et protections restent ?

Contrairement à certaines idées reçues, les protections n’ont pas disparu.

Maintien des aides financières

Les dispositifs restent en place :

  • aides de la CAF
  • Fonds de solidarité logement (FSL)

👉 Mais encore faut-il les activer rapidement.

Le rôle central de la CCAPEX

La commission de prévention des expulsions (CCAPEX) intervient plus tôt :

  • détection des impayés
  • accompagnement social
  • coordination des aides

C’est un acteur clé, souvent sous-estimé.

Possibilités de négociation avec le bailleur

Dans la pratique, beaucoup de situations se règlent avant l’expulsion :

  • plan d’apurement
  • étalement de la dette
  • médiation

👉 C’est souvent la solution la plus rapide et la moins risquée.

Les recours possibles avant expulsion

Un locataire peut encore :

  • demander des délais de grâce
  • contester la procédure
  • saisir le juge

Mais le timing est crucial : attendre trop longtemps devient dangereux.

Trêve hivernale : ce qui change réellement

Rappel du principe

La trêve hivernale interdit les expulsions entre novembre et mars.

Les nouvelles exceptions

La loi élargit les cas où elle ne s’applique pas :

  • squatteurs
  • conjoints violents
  • logements insalubres

👉 La protection reste, mais elle est désormais plus ciblée.

Mise à disposition des logements vacants : une mesure méconnue

C’est une partie peu médiatisée de la réforme.

Le dispositif de résidence temporaire

L’objectif est simple : utiliser des logements vacants pour loger temporairement des personnes.

Une expulsion facilitée des occupants temporaires

Ces occupants ont un statut spécifique :

  • contrats encadrés
  • procédure d’expulsion simplifiée

👉 Cela sécurise davantage les propriétaires qui acceptent ce type de dispositif.

Ce que la nouvelle loi change vraiment (analyse terrain)

Pour les propriétaires

  • procédures plus lisibles
  • délais parfois réduits
  • meilleure protection contre le squat

Mais soyons honnêtes :
👉 une expulsion classique reste longue (plusieurs mois).

Pour les locataires

  • moins de temps pour réagir
  • pression plus forte dès le premier impayé

👉 Le mot-clé aujourd’hui, c’est anticipation.

Les limites de la réforme

Sur le terrain, plusieurs freins subsistent :

  • lenteur judiciaire dans certaines zones
  • dépendance à l’administration
  • complexité des situations sociales

👉 La loi améliore les choses… mais ne règle pas tout.

Conclusion : une loi plus dure, mais pas sans garde-fous

Cette nouvelle loi marque un tournant, surtout contre le squat.
Elle envoie un signal clair : certaines situations abusives ne seront plus tolérées.

Mais elle ne supprime pas les protections fondamentales :

  • le juge reste central
  • les aides existent toujours
  • les délais ne disparaissent pas complètement

Si je devais résumer en une phrase :
👉 la loi accélère les procédures, mais elle ne les simplifie pas totalement.

Et dans tous les cas, que vous soyez propriétaire ou locataire, une chose reste vraie :
plus vous agissez tôt, plus vous avez de solutions.

FAQ – Nouvelle loi expulsion logement

Quels sont les délais d’expulsion en 2025 ?

Ils varient fortement selon les situations.
Pour un locataire, comptez généralement entre 6 mois et plus d’un an.
Pour un squat, cela peut descendre à quelques semaines.

Peut-on être expulsé pendant la trêve hivernale ?

Oui, dans certains cas :

  • squat
  • violences conjugales
  • logement dangereux

À partir de combien de loyers impayés risque-t-on une expulsion ?

Dès le premier impayé, la procédure peut commencer.
Mais en pratique, elle s’enclenche souvent après 2 à 3 mois.

Le propriétaire peut-il expulser sans décision de justice ?

Non.
Sauf cas très spécifiques de squat avec procédure administrative.

Que faire en cas de commandement de payer ?

Ne pas attendre :

  • contacter le propriétaire
  • demander des aides
  • envisager un plan de remboursement

Quelles aides existent pour éviter une expulsion ?

  • CAF
  • FSL
  • accompagnement social via la CCAPEX
Philippe Moreau, CEO de lebureaudelimmo

Philippe Moreau

Expert en investissement immobilier depuis plus de 15 ans, Philippe Moreau a développé une méthode unique pour transformer l'épargne en revenus durables. À la tête du Bureau de l'Immo, il supervise plus de 68 millions d'euros de patrimoine et forme les investisseurs de demain grâce à son approche pédagogique et ses résultats concrets.