Assurance prêt immobilier et maladie : peut-on emprunter et à quelles conditions ?

Écrit par Philippe Moreau

Assurance prêt immobilier et maladie

Je vais être franc avec toi :
emprunter avec une maladie n’est pas impossible… mais ce n’est jamais un parcours standard.

Derrière ce sujet, il y a souvent beaucoup d’inquiétudes : refus d’assurance, surprimes, exclusions, voire blocage du projet immobilier. Et en face, des informations parfois floues, voire contradictoires.

Dans cet article, je vais t’expliquer concrètement comment les assureurs raisonnent, ce qui peut coincer, et surtout les solutions qui existent réellement pour obtenir une assurance de prêt immobilier malgré une maladie.

Maladie et assurance emprunteur : ce qui bloque vraiment (et ce qui ne bloque pas)

Pourquoi les assureurs considèrent la maladie comme un risque aggravé

Une assurance emprunteur couvre des risques lourds : décès, invalidité, incapacité de travail.

Quand tu déclares une maladie, l’assureur se pose une question simple :
👉 Est-ce que ce problème de santé augmente le risque de sinistre pendant la durée du prêt ?

Si la réponse est oui, tu entres dans la catégorie des profils à risque aggravé.

Toutes les maladies ne sont pas traitées de la même façon

Il n’y a pas de réponse universelle. Deux personnes avec “la même maladie” peuvent être traitées différemment selon :

  • l’ancienneté de la maladie
  • son évolution
  • les traitements suivis
  • la stabilité de l’état de santé

👉 Exemple : un diabète stabilisé depuis 10 ans n’a rien à voir avec un diabète récent mal équilibré.

Refus d’assurance : dans quels cas cela arrive réellement ?

Le refus reste rare, mais il existe. Il intervient généralement lorsque :

  • le risque est jugé trop élevé
  • les données médicales sont insuffisantes
  • la pathologie est récente ou évolutive

Dans la majorité des cas, on n’est pas face à un refus… mais à des conditions plus strictes.

Quelles maladies posent problème pour une assurance de prêt immobilier ?

Les maladies graves (cancer, maladies cardiaques, diabète…)

Ce sont les pathologies les plus sensibles pour les assureurs :

  • cancers (même après guérison)
  • infarctus, AVC
  • diabète (type 1 ou 2)
  • sclérose en plaques, etc.
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Mais attention :
👉 “grave” ne veut pas dire “impossible”.

Les maladies chroniques stabilisées : un cas souvent mal compris

Beaucoup de dossiers passent… mais avec conditions :

  • surprime
  • exclusions
  • garanties limitées

C’est souvent là que se joue la négociation.

Les antécédents médicaux : un frein fréquent mais négociable

Même une ancienne maladie peut impacter ton assurance.

👉 Exemple courant : un cancer guéri depuis plusieurs années.

Mais il existe des mécanismes pour limiter cet impact (on y revient juste après).

Questionnaire de santé : ce que vous devez déclarer (et les risques en cas d’oubli)

Comment fonctionne le questionnaire médical

C’est une étape clé. L’assureur te demande :

  • tes antécédents médicaux
  • tes traitements
  • tes hospitalisations
  • ton mode de vie

👉 C’est sur cette base que tout se décide.

Peut-on éviter le questionnaire de santé ?

Oui, dans certains cas grâce à la loi Lemoine :

  • prêt inférieur à 200 000 € par personne
  • remboursement avant 60 ans

Dans cette situation, aucune question médicale ne peut être posée.

Fausse déclaration : quels sont les risques juridiques et financiers ?

Je préfère être très clair :
👉 mentir est une très mauvaise idée.

En cas de sinistre, l’assureur peut :

  • refuser l’indemnisation
  • annuler le contrat
  • demander le remboursement des sommes versées

Et là, le crédit reste… sans protection.

Le droit à l’oubli et la convention AERAS : des leviers essentiels

Le droit à l’oubli : conditions et délais

Il permet de ne pas déclarer certaines maladies, notamment :

  • cancers guéris depuis 5 ans (dans certains cas)

👉 Concrètement : tu es traité comme un profil standard.

La convention AERAS : pour qui et comment ça fonctionne ?

La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un dispositif clé.

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Elle permet :

  • un examen approfondi du dossier
  • plusieurs niveaux d’analyse
  • des solutions même après un refus initial

Grille AERAS : quelles maladies sont concernées ?

Une grille officielle fixe :

  • les conditions d’acceptation
  • les surprimes plafonnées
  • les exclusions possibles

👉 C’est un outil concret, mais encore trop méconnu.

Assurance emprunteur avec une maladie : quelles solutions concrètes ?

Accepter une surprime : comment elle est calculée

La surprime correspond à une augmentation du tarif liée au risque.

Elle dépend :

  • de la pathologie
  • de l’âge
  • du capital emprunté
  • de la durée du prêt

👉 Elle peut aller de +25 % à +200 %… voire plus dans certains cas.

Les exclusions de garanties : un compromis fréquent

L’assureur peut refuser de couvrir :

  • une pathologie spécifique
  • ou ses conséquences

👉 Exemple : exclusion des problèmes liés au dos ou au cœur.

La délégation d’assurance : souvent la meilleure stratégie

Ne pas se limiter à l’assurance de la banque est essentiel.

👉 Les assureurs externes sont souvent :

  • plus souples
  • plus compétitifs
  • plus adaptés aux profils à risque

Les assurances spécialisées risques aggravés

Certaines compagnies sont spécialisées dans les profils médicaux complexes.

C’est souvent là que se débloquent les situations.

Peut-on obtenir un crédit immobilier sans assurance ?

Ce que les banques acceptent (ou refusent) réellement

En théorie, l’assurance n’est pas obligatoire.

En pratique, elle est presque toujours exigée.

Les alternatives : hypothèque, nantissement, caution

Si l’assurance est refusée, la banque peut accepter :

  • une hypothèque sur un bien
  • un nantissement (épargne, assurance-vie)
  • une caution solide

Les limites de ces solutions

Ces alternatives :

  • sont plus risquées
  • immobilisent du patrimoine
  • restent rares en pratique

Combien coûte une assurance de prêt avec une maladie ?

Impact sur le taux d’assurance

Le taux peut fortement varier :

  • profil standard : 0,10 % à 0,40 %
  • profil à risque : 0,50 % à plus de 1 %

Exemple concret de surprime selon le profil

Prenons un cas simple :

  • emprunt : 200 000 € sur 20 ans
  • taux standard : 0,30 %
  • avec surprime : 0,90 %
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👉 Coût total multiplié par 3.

Comment réduire le coût malgré un risque aggravé

  • comparer plusieurs assureurs
  • ajuster les garanties
  • négocier les exclusions
  • passer par un courtier

Comment optimiser son dossier pour être assuré malgré une maladie ?

Préparer son dossier médical intelligemment

Un dossier clair et complet peut faire toute la différence :

  • comptes rendus médicaux
  • attestations de stabilité
  • suivi régulier

Faire jouer la concurrence (délégation d’assurance)

C’est souvent l’erreur principale :
👉 accepter la première proposition.

Se faire accompagner (courtier, expert AERAS)

Certains professionnels connaissent parfaitement ces situations.

Ils peuvent :

  • orienter vers les bons assureurs
  • défendre ton dossier
  • gagner du temps

Conclusion : emprunter avec une maladie, c’est possible… mais rarement simple

Je préfère être honnête avec toi :
le parcours est plus exigeant, parfois plus long, souvent plus coûteux.

Mais dans la grande majorité des cas, des solutions existent.

La clé, ce n’est pas d’éviter le problème…
👉 c’est de le comprendre, l’anticiper et construire une stratégie adaptée.

FAQ : Assurance prêt immobilier et maladie

Peut-on cacher une maladie à l’assurance ?

Non. C’est risqué juridiquement et financièrement. En cas de sinistre, tu peux perdre toute couverture.

Peut-on changer d’assurance après un refus ?

Oui. Tu peux solliciter d’autres assureurs ou passer par la convention AERAS.

Une maladie après le prêt est-elle couverte ?

Oui, si elle survient après la signature et qu’elle est incluse dans les garanties.

Quel délai pour être assuré après une maladie ?

Cela dépend de la pathologie, mais certains dispositifs (comme le droit à l’oubli) réduisent fortement les délais.

Les banques peuvent-elles refuser un prêt à cause de la santé ?

Indirectement oui, si aucune assurance ou garantie alternative n’est possible.

Philippe Moreau, CEO de lebureaudelimmo

Philippe Moreau

Expert en investissement immobilier depuis plus de 15 ans, Philippe Moreau a développé une méthode unique pour transformer l'épargne en revenus durables. À la tête du Bureau de l'Immo, il supervise plus de 68 millions d'euros de patrimoine et forme les investisseurs de demain grâce à son approche pédagogique et ses résultats concrets.