Quels sont les quartiers de Tarbes à éviter ?

Écrit par Philippe Moreau

Tarbes, préfecture des Hautes-Pyrénées et ville de 44 000 habitants, compte comme toute ville française des secteurs où les tensions sociales et les difficultés économiques sont plus prononcées. Les personnes qui envisagent un déménagement, un investissement immobilier ou un séjour prolongé ont intérêt à connaître ces zones avant de choisir leur secteur.

Tableau récapitulatif des quartiers de Tarbes à éviter

La situation reste très localisée : les problèmes se concentrent sur quelques quartiers précis, souvent des grands ensembles des années 1960-1970, tandis que le centre-ville et les quartiers résidentiels périphériques restent calmes.

Quartier

Problèmes principaux

Évolution

Laubadère

Trafic de stupéfiants, précarité élevée

Premier PNRU achevé, QPV 2024 actif

Solazur

Incivilités, dépôts sauvages, tensions de voisinage

Réseau prévention/tranquillité engagé en 2025

Ormeau/Bel Air

Enclavement, trafics de proximité, violences sporadiques

NPNRU en cours, fin opérationnelle 2031

Mouysset

Chômage élevé, habitat vétuste, isolement social

Espace de Vie Sociale actif

Ces quatre secteurs correspondent aux quatre quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV 2024) à Tarbes. Le contrat de ville Tarbes-Lourdes-Pyrénées 2024-2030 recense 7 800 habitants dans ces périmètres en 2018, une population stabilisée depuis. Quelques données départementales :

  • La délinquance générale dans les Hautes-Pyrénées a progressé de 8 % en 2024, avec 11 516 faits constatés, selon le bilan annuel de la préfecture des Hautes-Pyrénées publié en février 2025.
  • Les saisies de stupéfiants ont augmenté de 20 % en 2024, pour un total de plus de 400 000 euros confisqués.

Quels sont les quartiers sensibles de Tarbes ?

Les quatre quartiers classés QPV présentent des profils très différents, du trafic organisé aux simples incivilités de voisinage.

Laubadère

Laubadère, situé au nord de Tarbes entre les quartiers Saint-Antoine, l’Arsenal et Sainte-Anne, est le secteur le plus scruté par les services de sécurité tarbais. Selon le recensement INSEE 2021, le quartier compte 4 641 habitants, soit 11,3 % de la population communale. Son taux de pauvreté atteignait 41,9 % dans les zones proches du stade selon les données Filosofi de l’INSEE, le chiffre le plus élevé mesuré sur le territoire tarbais.

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Le trafic de stupéfiants structure une partie de la vie nocturne du quartier. En mai 2024, une rixe impliquant 8 individus sur le secteur de l’Arsenal a conduit à l’interpellation et à l’incarcération de 3 auteurs principaux pour tentative d’assassinat à l’arme blanche, selon le bilan de la préfecture des Hautes-Pyrénées. Les interventions policières se sont intensifiées avec la création d’une brigade de surveillance et d’interpellation (BSI) à Tarbes en 2024.

Points préoccupants spécifiques :

  • Grands ensembles des années 1960-1970 peu propices aux liens de voisinage
  • Concentration de familles monoparentales et de ménages à faibles revenus
  • Points de deal récurrents malgré les démantèlements réguliers
  • Sentiment d’enclavement malgré les dessertes en bus

Laubadère a bénéficié d’un premier programme national de rénovation urbaine (PNRU) salué comme exemplaire à l’échelle nationale : 1 000 logements détruits et 750 à 800 reconstruits. Un nouveau volet est en cours, axé sur la valorisation des friches et l’expérimentation de maraîchage urbain.

Le réaménagement de la place de la Providence, située au cœur du quartier Laubadère et financé à hauteur de 1 018 531 euros TTC par la Ville de Tarbes avec le soutien de l’État au titre de la politique de la ville, concrétise cette transformation : plus de 1 000 plantations sur 1 500 m² et trois aires de jeux ont remplacé un espace entièrement bétonné de 8 000 m².

Solazur

Solazur, classé QPV en 2024, affiche un profil distinct de Laubadère. Les problèmes signalés par les habitants sont principalement des incivilités du quotidien : dégradations des espaces communs, bruit, occupation des halls d’immeubles et des parkings. Le trafic de stupéfiants n’y est pas documenté au même niveau qu’à Laubadère ou Bel Air.

Depuis l’été 2021, un groupe de travail partenarial réunit bailleurs, associations et institutions autour de la gestion des déchets et des encombrants, une problématique documentée dans l’appel à projets 2025 du contrat de ville Tarbes-Lourdes-Pyrénées.

Spécificités du quartier :

  • Nuisances sonores récurrentes, principalement les week-ends et en soirée
  • Dépôts sauvages persistants malgré les campagnes de sensibilisation
  • Conflits entre anciens locataires et nouveaux arrivants
  • Faible densité commerciale qui réduit les occasions d’échanges entre habitants
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En 2025, la construction d’un réseau partenarial de prévention et de tranquillité a été engagée pour Solazur, avec des médiateurs de proximité actifs dans le quartier.

Ormeau / Bel Air

L’ensemble Ormeau/Bel Air regroupe plusieurs secteurs contigus (Figarol, Bel Air, Ormeau) et constitue le territoire prioritaire le plus complexe de Tarbes sur le plan sécuritaire. Les trafics de proximité autour de la cité Bel Air et les agressions nocturnes y sont régulièrement signalés par les résidents.

Le désenclavement de ce secteur sur l’axe Est/Ouest, pour créer une continuité urbaine avec les quartiers voisins, est l’enjeu central du NPNRU signé en 2021 par la Communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées et l’ANRU. La fin opérationnelle du programme est estimée à 2031.

Problématiques persistantes :

  • Trafics organisés autour de la cité Bel Air et des espaces publics du secteur
  • Incidents nocturnes concentrés entre 18h et 2h du matin
  • Architecture enclavée qui complique la surveillance des espaces publics
  • Déficit d’équipements sportifs et culturels pour les jeunes

Mouysset

Mouysset présente un profil moins exposé que les trois secteurs précédents. Le quartier cumule des facteurs de fragilité sociale (chômage élevé, parc de logements anciens peu entretenus, isolement des personnes âgées) sans que la délinquance organisée y soit aussi présente qu’à Laubadère ou Bel Air.

Un Espace de Vie Sociale y est actif depuis plusieurs années, maintenant un lien communautaire entre les habitants. Le secteur évolue lentement, son attractivité restant tributaire des investissements publics inscrits dans le contrat de ville 2024-2030.

La sécurité à Tarbes : chiffres et réalité

Avec 3 024 crimes et délits enregistrés sur une année pour 44 000 habitants, Tarbes affiche un taux de 50,82 infractions pour 1 000 habitants selon ville-data.com, ce qui la place dans la moyenne des villes françaises de taille comparable.

Tarbes occupe la 275e place sur 365 villes de plus de 22 500 habitants pour la criminalité globale, et la 91e position par indice de gravité pondéré. Ces deux classements distincts reflètent une réalité nuancée : la ville n’est pas particulièrement dangereuse en absolu, mais certains types de délits graves y sont surreprésentés par rapport à sa taille.

  • Cambriolages de logements : 145 en 2025 contre 214 en 2016, soit une baisse de 32 % sur neuf ans
  • Vols de véhicules : 70 en 2025 contre 79 en 2024, soit -11 %
  • Coups et blessures volontaires hors cadre familial : 251 en 2025 contre 226 en 2024, soit 4,8 agressions par semaine en moyenne
  • Infractions liées aux stupéfiants : 569 cas en 2023, représentant 25,47 % du total des délits enregistrés
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Pour les personnes qui s’installent à Tarbes, certainescartes bancaires incluent des assurances contre le vol et les cambriolages qui peuvent couvrir une partie des frais en cas d’incident, sans souscrire une assurance séparée.

La géographie de l’insécurité reste très marquée. Laubadère et Bel Air concentrent les incidents, tandis que le centre-ville autour de la place de Verdun ou les quartiers Brauhauban et Larrey restent calmes en toutes circonstances. Un résident du centre rentre sans crainte après une soirée en ville, là où un habitant de Bel Air peut éviter certains déplacements nocturnes.

Pour contenir cette concentration de la délinquance sur quelques secteurs, les forces de l’ordre ont intensifié leur présence : 28 154 patrouilles pédestres ont été réalisées en 2024, soit +19,9 % par rapport à 2023, selon le bilan de la préfecture des Hautes-Pyrénées. Un système de vidéoprotection avec conservation des données sur 30 jours couvre plusieurs secteurs sensibles.

Ces efforts policiers s’articulent avec un cadre institutionnel plus large : les quatre quartiers prioritaires s’inscrivent dans le contrat de ville Engagements Quartiers 2030, piloté par le GIP Tarbes-Lourdes-Pyrénées avec l’État, l’agglomération, le Conseil Départemental et la CAF, autour de trois axes : plein emploi, éducation et tranquillité. Les atteintes aux biens sont en recul depuis plusieurs années, signe que les dispositifs en place produisent des effets mesurables.

Philippe Moreau, CEO de lebureaudelimmo

Philippe Moreau

Expert en investissement immobilier depuis plus de 15 ans, Philippe Moreau a développé une méthode unique pour transformer l'épargne en revenus durables. À la tête du Bureau de l'Immo, il supervise plus de 68 millions d'euros de patrimoine et forme les investisseurs de demain grâce à son approche pédagogique et ses résultats concrets.